Le Ghana

De la Côte de l’Or…

Je me lève de bonne heure et observe le lever de soleil à Assinie, magnifique aube dorée à travers la jungle. Je prends alors une dernière fois l’embarcadère pour traverser la lagune et, non sans appréhension , je me mets en route vers la frontière ghanéenne.

En effet, un voyageur français, lui aussi à moto et rencontré quelques jours plus tôt avait été refoulé à la frontière car il n’avait pas le fameux carnet de passage en douane. Ce document, très onéreux car il coûte une caution de 75% de la valeur du véhicule, permet de traverser les frontières plus rapidement. C’est une forme de contrat qui engage le conducteur du véhicule à ne pas vendre ce dernier sur place et à le ramener à son point de départ.

Dernière vérification d’huile et c’est parti ! Le poste frontière de la ville de Noé est situé à une centaine de kilomètres. Il est étonnamment très fréquenté, les échanges économiques entre le Ghana et son voisin sont très importants. La sortie du territoire ivoirien ne pose aucun problème. S’en suit l’entrée au Ghana où un passeur tente de m’aider. Après avoir refusé poliment son aide, je finis par me laisser guider et il s’avère que ses conseils me sont d’une grande utilité. Le douanier m’accorde un laisser-passer pour la moto d’une durée d’un mois, pour la modique somme de 80 cédis (soit 12 euros). Le passeur ne me demande rien en retour, alors je décide de lui laisse quelques cédis en guise de remerciement et me mets en route pour Accra.

Les routes paraissent neuves et les villes modernes. Les premiers kilomètres me laissent une forte impression et le Ghana semble dénoter de son nonchalant voisin. Alors que j’ai pris du retard sur mon planning et que je sens la nuit tomber, je prends la décision de faire un stop dans une ville à une centaine de kilomètres d’Accra. Je trouve un hôtel sympathique où les employés m’accueillent avec un large sourire. Après avoir commandé un plat typique ghanéen, je m’installe en terrasse en sirotant une bière. Plusieurs personnes font la fête mais ils ne  m’adressent pas la parole. « Tant pis ! Une prochaine fois peut-être pour une rencontre avec des Ghanéens ! »

Je choisis de retourner dans ma chambre et d’allumer la télé. Quelle surprise ! La télévision ghanéenne passe beaucoup de programmes religieux, les chaines sont multiples sur le thème du Christ et des miracles pratiqués par des pasteurs touchés par la grâce divine (Amen Tv – God Tv). Il existe même un chaîne consacrée au culte satanique ! Un peu déboussolé, je préfère éteindre la télévision et je m’assoupis lentement.

Le lendemain matin, un vacarme assourdissant me réveille en sursaut. Je jette un œil à travers la fenêtre et je constate qu’un Dj avec une sono et un barnum sont installés. Un mariage est en effet organisé dans l’hôtel. Je profite de ce réveil prématuré pour faire mon paquetage et prendre la poudre d’escampette direction Cape Coast.

La route se fait sans difficulté particulière, quelques contrôles de police parsèment le trajet et aucun bakchich ne m’est réclamé. L’entrée dans la ville côtière de Cape Coast m’ébahie ; je roule sur une route longeant la côte et bordée de palmiers de part en part. La plage est époustouflante et j’ai la sensation d’être dans une ville américaine tirée d’un film hollywoodien comme Miami ou Los Angeles.

A la côte des Esclaves

Cape Coast est surtout connue pour l’histoire de son fort, tristement célèbre pour le rôle qu’il a joué dans la traitre négrière. Les touristes affluent vers le bâtiment, et je repère lors de la visite de nombreux voyageurs Afro-américains. Peut-être sont ils à la recherche de leurs origines ?

En me baladant en ville, je croise de nombreux volontaires étrangers à Cape Coast : de jeunes allemandes, anglaises ou hollandaises, peu de francophones. J’y rencontre aussi de jeunes ghanéens évoluant dans la mode et les médias. Le Ghana me semble très dynamique. La gastronomie y est principalement un mélange de cuisine anglosaxonne et africaine. « Poulet frit avec du riz » et « fish and chips » côtoient le « fufu » dans le menu des restaurants.

Le foufou de l’horreur

Après de nombreux kilomètres, sur un macadam parfaitement bétonné et sans nid de poule, j’arrive enfin à Accra, capitale du Ghana. Cette immense cité semble être en perpétuel chantier. Les travaux assurés par des compagnies chinoises de BTP occasionnent des bouchons à perte de vue.

Je trouve un hôtel en périphérie du centre ville, j’ai envie de rester quelques jours pour visiter la capitale. Les bouchons m’empêchent d’accéder à la côte, trop risqué. Je suis en train de traverser un mall (grande galerie commerciale à l’angosaxonne) quand me vient l’idée de gouter mon premier « fu-fu » plat national ghanéen, et c’est au moment où l’on me sert le plat que je m’aperçois de mon erreur. Une espèce de pate immonde mélangée à des escargots colle au fond de l’assiette. Décidément la cuisine ghanéenne n’est pas ma préférée !

 

Un matin en parcourant Facebook, je lis sur un groupe de voyageurs qu’un aventurier hollandais qui fait exactement le même trajet que moi est en panne au Bénin. Son bolide, une Harley Davidson complètement repeinte et customisée à l’air aussi fun que son conducteur.

Je réponds à son appel à l’aide, et me mets en contact avec lui via la messagerie du réseau social. Il me demande si je peux récupérer quelques pièces au magasin Harley Davidson d’Accra, le seul de l’Afrique de l’Ouest. Je m’en vais quérir ces pièces et me déplace finalement dans le centre ville regorgeant de bouchons à n’en plus finir. L’équipe de Harley Davidson à Accra qui était prévenue, m’attend avec les pièces manquantes et l’accueil chaleureux que je reçois me va droit au cœur. 

En effet le patron de l’échoppe me propose un de ses mécano pour faire gracieusement la maintenance de ma Royal Enfield, pourtant marque concurrente. Il m’offre aussi un plat de Fufu excellent qui répare ma mauvaise expérience de la veille.

C’est mon dernier jour à Accra et je reprends mon chemin pour suivre les traces de Roy en roulant jusqu’à Lomé où je réserve un charmant hôtel tenu par un expatrié allemand, le « Marie Antoinette ». Je ne sais pas alors que je suis sur le point de faire l’une des rencontres les plus marquantes de mon voyage…

 

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