La traversée du Sénégal

 

La frontière de Diama

Arrivé un peu tard au poste frontière de Diama (un pont traversant le fleuve Sénégal), je me fais accoster par deux passeurs qui m’apprennent que le poste frontière va bientôt fermer. Effectivement, il est presque 18 heures et j’ai roulé toute une journée sous une chaleur harassante, dans le but de rejoindre Saint-Louis afin de me détendre et passer Noël sereinement.

Les passeurs arrangent le coup et me délestent de mes derniers oujgya (la monnaie mauritanienne). L’un d’entre eux me propose de passer la nuit chez lui au bord du fleuve…  L’idée est tentante, mais je ne tarde pas à être dissuadé lorsqu’il annonce que de nombreux moustiques gravitent dans cette zone. Son compagnon me propose alors de m’accompagner jusqu’à Saint Louis, et me montrer un hôtel bon marché.

Me voici enfin au Sénégal, ma première nuit passée à Saint Louis pour le 24 décembre est étrange. L’hôtel conseillé par le passeur est marqué par une décoration très coloniale, avec des chapeaux de colons partout. Il est tenu par un couple de Français et son atmosphère me dérange.

Malheureusement impossible de sortir sereinement dans la rue sans se faire accoster par des badauds en quête de quelques billets de francs CFA. Leurs techniques sont redoutables… Le premier, un rasta à l’allure sympathique engage une conversation amicale puis termine par la vente d’un souvenir de la ville. Le second, un homme en costume cravate, commence à me raconter qu’il est un ancien gendarme à la retraite, il a un bagout certain mais finit tout de même par me demander d’argent.

Découragé, je me réfugie dans ma chambre et prends une bonne nuit de sommeil.

Le lendemain, je pars aux aurores en direction de la frontière gambienne. Durant le trajet, je distingue une autoroute sans aucun trafic, je choisis donc de prendre les routes nationales et je traverse toutes les grandes villes sénégalaises sans passer par Dakar.

Arrivée à une dizaine de km de la frontière Gambienne , je trouve une chambre dans un petit hôtel que je partage avec un groupe de musiciens de Casamance. J’apprends qu’ils rejoignent Ziguinchor pour le nouvel an et qu’ils traversent aussi la Gambie demain.

La Gambie ou l’épreuve du Bac

La Gambie est un pays de langue anglophone enclavé au cœur du Sénégal. Pour rejoindre la Casamance, il est plus rapide de traverser le pays du nord au sud, que de contourner la Gambie par la région du Sénégal oriental.

Arrivé tôt à la frontière gambienne, je quitte le Sénégal pour quelques heures et j’entre dans le bureau des douaniers gambiens afin d’obtenir un visa de transit et de pouvoir traverser. Je trouve un policier en lunettes de soleil imitation Ray-Ban, assis dans un bureau avec une TV allumée transmettant de la musique reggae, qui me questionne sur la raison pour laquelle je ne reste pas visiter la Gambie, avant d’entamer la promotion des atouts touristiques de ce qu’il appelle « la petite Jamaïque de l’Afrique ».

Il me laisse partir et j’arrive à midi au niveau de fleuve gambien.

Un pont gigantesque, le pont Farafenni, a été construit mais il n’est pas encore en activité… Nous sommes le 26 décembre et il sera inauguré le 21 janvier. Pas d’autre choix  que de prendre l’un des ferry surchargés. Ces petits bacs me rappellent ceux de Mayotte qui assurent la traversée Grande-Terre/Petite-Terre.

Une fois le fleuve franchi, je roule direction de Ziguinchor ! Le poste de frontière est rapide à passer et je parcours la Casamance jusqu’à m’arrêter à Cap Skirring, petite ville balnéaire dont j’ai eu l’occasion de parler dans de précédents articles.

Le Sénégal et la Casamance

Cap Skirring – Le Cap au requin

Pépin mécanique et traversée clandestine

C’est au Cap que mon premier pépin mécanique survient. En voulant rejoindre la Pointe Saint George, un endroit éloigné et hors des sentiers battus, j’ai tenté de rouler sur du sable vraiment mou sur plusieurs kilomètres. Malheureusement mes disques d’embrayage n’ont pas apprécié la balade…

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Et là… C’est le drame !

Quelques recherches sur internet plus tard, j’ai trouvé un site anglais qui m’a envoyé les pièces en une semaine, oui Monsieur ! Mon passavant pour la moto au Sénégal étant désormais expiré, je n’ai d’autre choix que celui de franchir la frontière entre le Sénégal et la Guinée Bissau illégalement (c’est à dire sans tampon de sortie ni d’entrée – mais tout de même avec mon visa en règle).  Je traverse alors les bolongs en embarquant la moto sur une pirogue au large du petit village de Boudiediet que je connais bien, dont est originaire Lamine, un ami cher, également motard et qui m’accompagne jusqu’à Sao Domingo.

La preuve en images…

Sortie moto et quad à Boudiediet

Traversée du fleuve,  frontière entre le Sénégal et la Guinée Bissau

 

 

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